Moventis a pris part au « IVe Forum de la Mobilité : l’avenir efficient de l’industrie des transports », organisé par le journal « elEconomista » le 7 juillet dernier à Madrid. La rencontre a réuni des professionnels de renom du secteur des transports pour discuter des principaux enjeux à relever et des perspectives d’avenir pour l’industrie.Juan Giménez, directeur général de Moventis, a représenté l’entreprise, en prenant part à la deuxième table ronde, en compagnie d’Andrés Ruiz (Groupe Ruiz), de Rocío Abella (Deloitte), de Florent Bannwarth (BlaBlaCar) et de Miguel Ángel Uriondo (FlixBus). La séance a été dirigée par le journaliste spécialisé dans le secteur des transports, Víctor de Elena.
Lors de son intervention, Juan Giménez a abordé les effets des mouvements migratoires et des changements sociologiques sur les besoins en transports publics. « Nous observons un phénomène de décentralisation des grandes villes qui, combiné à la tendance des jeunes à renoncer à la voiture, favorise une plus grande utilisation des transports publics », a-t-il déclaré, en ajoutant que « la réduction des tarifs a également été déterminante pour relancer la demande ».
Dans ce contexte, Juan Giménez a cité l’exemple de la Catalogne, qui est passée en peu de temps de six à huit millions d’habitants et qui, selon les prévisions, pourrait atteindre dix millions. « Pour répondre à cette réalité, le transport interurbain devra augmenter son offre d’au moins 50 % par rapport à celle actuelle », a-t-il déclaré.
L’un des fondements de la stratégie de Moventis est la promotion du partenariat public-privé comme modèle de gestion efficiente des transports. Le directeur général de l’entreprise a insisté sur le fait que « l’administration doit se concentrer sur la planification stratégique des services : fixer des tarifs et établir des fréquences. Mais ce sont les opérateurs privés qui possèdent les connaissances, l’expérience et les moyens pour gérer le quotidien ». Il a également attiré l’attention sur les dangers d’une libéralisation totale des transports : « Cela pourrait conduire à ne desservir que les itinéraires les plus rentables au détriment des autres tout aussi essentiels. L’équilibre se trouve précisément dans le modèle mixte actuel ».
À propos de la nouvelle loi sur la mobilité, le directeur général de Moventis a exprimé son accord avec ses objectifs : « Elle est issue de la législature précédente avec un large soutien du secteur, notamment de Confebus et Atuc. Nous en partageons pleinement l’esprit : décarbonisation, valorisation des transports publics et d’un modèle faisant progresser notre société ». Il a néanmoins souligné que le financement des transports publics demeure l’un des défis majeurs. « Nous ne disposons pas d’un cadre stable, ce qui entraîne des difficultés comme les retards dans les paiements aux opérateurs. Cela doit être réglé de toute urgence », a-t-il insisté.
Au sujet de la carte des concessions, Juan Giménez a affirmé : « Elle est obsolète dans une très large mesure, aussi bien au niveau du ministère que des communautés autonomes et des municipalités. Cette situation engendre une insécurité juridique importante qui ne profite à personne. Il est prioritaire de la définir de manière définitive ».
Concernant la durabilité, l’engagement de Moventis est ferme : « Notre feuille de route prévoit de disposer d’une flotte urbaine zéro émission d’ici 2035. À ce jour, 55 % de notre flotte totale (y compris la flotte de transports occasionnels) est déjà durable, avec des véhicules électriques, à gaz et Euro VI ; et cette année, nous prévoyons d’intégrer 70 véhicules électriques et 15 véhicules à gaz. Notre détermination est claire », a-t-il déclaré. Il a toutefois reconnu les défis que pose le domaine interurbain : « L’électrique fonctionne efficacement sur les lignes urbaines, mais reste limité sur le modèle interurbain. L’hydrogène est une alternative prometteuse, mais les infrastructures restent insuffisantes. Pour progresser, nous avons besoin d’un soutien fort de la part des administrations ».
Enfin, interrogé sur la vision du secteur pour la prochaine décennie, Juan Giménez s’est montré clair : « Je vois un transport bien plus durable, plus intégré, intermodal et technologiquement avancé. Et, sans aucun doute, avec un essor beaucoup plus important du transport à la demande ».
