L’événement « Présent et futur de la mobilité », organisé par La Vanguardia à Madrid dans le cadre des rencontres Dinero, a réuni des personnalités éminentes du secteur public et privé pour aborder les enjeux actuels de la mobilité urbaine et interurbaine.
Josep Maria Martí, président de Moventia, a mis en évidence l’urgence de ce défi : « Nous devons augmenter l’offre de transport public, de 50 % au moins d’ici cinq ans, sans quoi nous ne pourrons pas relever le défi de la mobilité ». Josep Maria a souligné que la croissance de la mobilité a été principalement assurée par les transports en commun, qui ont satisfait une demande 10 % plus élevée qu’en 2019. Dans le cas des services interurbains, l’augmentation a été encore plus significative, avec une hausse de 40 % par rapport à la même année.
La journée a été marquée par une première table ronde animée par Enric Sierra, sous-directeur de La Vanguardia, à laquelle ont pris part Ana Blanco, sous-directrice adjointe de La Circulation de la DGT, Sonia Araujo, directrice générale de l’innovation, de la durabilité et de la transformation numérique de la RENFE, ainsi que Josep Maria Martí lui-même.
Un autre sujet clé était l’impact de l’intelligence artificielle sur la gestion des transports. Josep Maria a expliqué que « l’IA peut nous aider à gérer la quantité considérable de données que nous avons par rapport à il y a cinq ou dix ans, car nous avons accumulé énormément d’informations sur le customer journey ». En ce sens, il a proposé d’utiliser des algorithmes avancés pour améliorer la prise de décision : « c’est là qu’il faut appliquer les algorithmes, pour organiser les données, tout compiler dans des tableaux de bord qui nous permettent de prendre les meilleures décisions ».
Il a également souligné le potentiel économique de cette transformation technologique : « tout comme la réindustrialisation, l’IA va entraîner la création d’un grand nombre de nouveaux emplois ».
Le débat a également abordé la capacité des compagnies d’autobus à fournir une solution alternative aux services ferroviaires lorsque des problèmes surviennent, comme c’est le cas pour les Rodalies en Catalogne. Le président de Moventia a répondu que oui, car lorsqu’ils se produisent, « les différentes entreprises du secteur parviennent à s’entendre et à coopérer pour remédier à ce type de situation ».
Concernant les nouvelles technologies, il a modéré les attentes quant au déploiement de la conduite autonome : « nous regardons ce qui se passe sur le marché et nous ne voyons rien de tout cela arriver avant dix ans ».
Enfin, il a mis l’accent sur l’importance de la décarbonation et la nécessité d’un soutien financier continu : « pour électrifier nos flottes, il est crucial de continuer à bénéficier de financements climatiques, tels que les fonds Next Generation, pour le renouvellement et l’expansion des flottes décarbonées ».
