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Josep Maria Martí : « Il faudrait 1 200 autobus supplémentaires pour répondre à la demande future de mobilité en Catalogne »
18 septembre 2025
Lors d’une table ronde animée par Miriam de Saint-Germain, journaliste et directrice adjointe de « Crónica Global », Josep Maria Martí, président de Moventia, et Josep Mateu, président du « RACC », ont débattu des enjeux présents et à venir de la mobilité en Catalogne, convergeant sur le constat que l’autobus interurbain constitue aujourd’hui la meilleure option compte tenu des carences du système ferroviaire.

La mobilité collective a été le thème dominant de la deuxième journée du forum « BCN Desperta ! », organisé à la « Casa Seat » par « Crónica Global », « El Español » et « Metrópoli Abierta ». Lors d’une table ronde animée par Miriam de Saint-Germain, journaliste et directrice adjointe de « Crónica Global », Josep Maria Martí, président de Moventia, et Josep Mateu, président du « RACC », ont débattu des enjeux actuels et futurs de la mobilité en Catalogne, convergeant sur le constat que l’autobus interurbain constitue aujourd’hui la meilleure option compte tenu des carences du système ferroviaire.

Josep Maria Martí a été catégorique sur ce point : « Nos trains sont saturés. Nous ne pouvons pas compter sur le rail. Il faudrait 1 200 autobus supplémentaires pour répondre à la demande future ». Un constat qui révèle l’importance grandissante de l’autobus interurbain pour assurer les liaisons entre Barcelone, son aire métropolitaine et les régions avoisinantes.

Josep Mateu a appuyé ce constat, déplorant le « chaos dans lequel se trouve le système ferroviaire de la RENFE » : « Les usagers voyagent de plus en plus en autobus. Il offre une fiabilité et un niveau de confort que le train n’est pas en mesure de fournir ».

Un enjeu global et économique

Le président de Moventia a inscrit le débat dans une vision globale : « La mobilité est un défi global et un catalyseur économique ». Josep Maria a souligné que la dispersion territoriale et les mouvements migratoires vers les première et deuxième couronnes métropolitaines impliquent que de nombreuses personnes doivent rejoindre quotidiennement Barcelone pour des raisons professionnelles.

Josep Mateu a, pour sa part, quantifié le problème en soulignant que de nombreux travailleurs des municipalités proches de la capitale consacrent « entre deux et trois heures par jour dans leurs déplacements quotidiens ». « Il s’agit de leur temps personnel. Soit la situation s’améliore, soit elle ne fera qu’empirer. La mobilité est un droit et non une obligation ».

Manque d’infrastructures et congestion

Le président du « RACC » a alerté sur la gravité de la situation actuelle  : « Nous traversons une époque d’activité économique maximale et d’emploi record, de tourisme et de mobilité. Mais le manque d’infrastructures et les nombreux travaux en cours ont entraîné une perte notable de fluidité et un problème de congestion grandissant ».

Josep Maria Martí a précisé que les trajets doivent correspondre aux attentes réelles des voyageurs : « Les usagers souhaitent se déplacer de point à point, sans correspondances. Aujourd’hui, 70 % d’entre eux le font, tandis que seuls 30 % utilisent plusieurs modes. Pour ces derniers, nous avons besoin de pôles d’échange performants ». Josep Mateu a confirmé en rappelant que l’usager recherche « fiabilité, confort, vitesse commerciale cohérente et capacité pour tous ».

Intensification des fréquences et amélioration des informations

Les deux intervenants ont mis l’accent sur la nécessité d’intensifier les fréquences de passage sur les axes les plus sollicités et d’améliorer les informations en temps réel pour minimiser les tensions aux arrêts et aux pôles d’échange. « Pour inciter les personnes à utiliser les transports en commun, il faut davantage d’autobus à court terme », a averti Mateu, plaidant également pour « une vision métropolitaine de la mobilité ».

Parcs relais

Un autre des sujets majeurs a porté sur les parcs relais. Josep Mateu a qualifié leur déploiement « d’urgent » et a exigé de la municipalité de Barcelone un leadership clair. Le président du « RACC » a rappelé que cette proposition avait été présentée tant à Jaume Collboni, le maire en exercice, ainsi qu’à Ada Colau, sa prédécesseur.

Décarbonation et aides publiques

La transition vers une mobilité durable a également été au cœur du débat. Le président de Moventia a affirmé que les transports publics constituent déjà une solution durable « en soi », y compris avec les véhicules conformes à la norme Euro VI. Il a toutefois insisté sur la nécessité d’aller au-delà : « Nous ne devons pas nous contenter de cela. Nous devons insister sur le renouvellement des flottes vers des véhicules encore plus durables ».

Le président de Moventia a plaidé en faveur du rétablissement des aides publiques afin de soutenir l’investissement des entreprises dans de nouveaux autobus. « Un autobus électrique coûte presque le double d’un autobus à moteur thermique. Cela crée un déséquilibre économique pour l’entreprise. Nous avons besoin de 200 000 euros d’aide par autobus électrique », a-t-il souligné, mettant en garde que, sans ce soutien, il sera impossible de suivre le rythme imposé pour satisfaire les besoins de la « Catalogne des 30 millions de déplacements quotidiens ».

Au-delà de l’électrification, Josep Maria Martí a insisté sur d’autres solutions d’énergie propre pour le transport interurbain : « L’électrique permet de couvrir des trajets courts, mais les batteries restent limitées pour les longues distances. Nous devons analyser, ligne par ligne, le type de véhicule offrant le plus grand potentiel de décarbonation ». À ce titre, il a mis en avant le biométhane comme une option intéressante : « Il constitue une solution adaptée aux longues distances, avec un cycle complet neutre en CO ».

Conclusion : un avenir qui dépend des autobus

L’échange entre Josep Maria Martí et Josep Mateu a permis de dresser un constat sans équivoque : l’autobus interurbain est actuellement la solution la plus fiable et la plus durable pour répondre aux besoins de mobilité en Catalogne. Cependant, cette voie nécessite investissements, planification et volonté politique.

Comme l’a résumé Josep Maria Martí dans sa dernière intervention : « Pour faire face à la croissance démographique et soutenir la compétitivité économique, la Catalogne a besoin de 1 200 autobus supplémentaires ».